Las Hurdes

Las Hurdes (Terre sans pain), un film de Luis Buñuel (1900-1983). (1932, SP, 37 min)
La Cabra, musique originale de Martín Matalón

Présenté pour la première fois à Madrid en 1933 par Luis Buñuel, qui en lisait le commentaire au micro (la copie originale étant muette) tout en passant des disques de Brahms, cet "essai cinématographique de géographie humaine" provoqua un grand scandale. Musique originale de Martin Matalon pour alto et électronique en temps réel.

Gilles Deliège, alto solo / 
Miguel Borras, récitant
 / Arnaud Sallé, assistant musical

Création le 12 mars 2005 par Odile Auboin, alto et Michael Lonsdale, récitant. Commande de l’Auditorium du Louvre et de la Muse en Circuit avec le soutien de l’État.

Reprise par l’Ensemble Sillages en novembre 2005 au Festival Manca de Nice et Festival du film court au Quartz, Brest.


Note d’intention de Martin Matalón

« La cabra pour alto solo et électronique en temps réel a une dimension intimiste. La bande sonore originale du film -voix off et musique de Brahms- est remplacée ici par la voix d’un récitant « live » et l’alto avec les transformations en temps réel.
L’œuvre est structurée en trois panneaux : un prologue purement musical, une partie centrale qui inclut le film et un épilogue lui aussi sans images.
Dans Las Hurdes, à un moment donné, la voix du commentateur nous apprend que seule la viande que peuvent manger les habitants de cette région est celle des chèvres qui tombent parfois de la montagne. Au même moment, on voit la fumée d’un coup de fusil. On ne voit pas le fusil, mais on comprend que la chèvre n’est pas tombée par hasard...En donnant ce titre La cabra, j’ai voulu perpétuer la thématique du bestiaire toujours présente chez Buñuel, et aussi rendre hommage à cette pauvre chèvre qui a eu la malchance de passer par là... »

À propos du film

Régions montagneuses et arides situées à l’ouest de l’Espagne près de la frontière portugaise, « Las Hurdes » en 1932 est constituée de nombreux hameaux touchés par une pauvreté extrême et des conditions de vie primitives.
Pour certains on voit à nu l’âme et la dignité du peuple espagnol. Pour d’autres, c’est un symbole de ce qui doit changer dans la nouvelle république. Pour Buñuel, c’est l’occasion de reprendre la caméra deux ans après l’Âge d’or.
Financé par un de ses amis anarchistes, Terre sans pain est un témoignage sans concession de la vie quotidienne de ces paysans qui n’ont ni pain, ni électricité, ni agriculture, mais demeurent attachés à leurs rites ancestraux. Fidèle à ses obsessions surréalistes, Buñuel filme la désolation et la misère en l’enveloppant d’une poésie morbide. Si besoin est, il arrange la réalité.
Fascinant témoignage macabre qui n’a rien perdu de sa force, Terre sans pain, œuvre transitoire, annonce le surréalisme « social » que Buñuel développera avec maestria dans Los olvidados. 



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