Le Vent

Création 2014

Un film de Victor Sjöström (1928, USA, 75 min)
Musique originale de Carlos Grätzer

Tourné aux Etats-Unis en 1928 dans des conditions difficiles dans le désert de Mojave, ce mélodrame dur et brillant est une œuvre clé et incontestée du film muet. Il décrit la relation entre l’homme et la nature, s’agissant d’un drame en milieu rural d’une beauté extraordinaire et d’un bouleversant souffle lyrique.

Ingrid Schoenlaub, violoncelle | Stéphane Sordet, saxophones | Et sons enregistrés
Électronique réalisée dans les studios du GRM, Groupe de Recherche Musicale.

Production DRAMA | Sillages.
Avec le soutien de la Muse en circuit, Centre national de création musicale
Commande de l’État.

Film inspiré du roman de Dorothy Scarborough
Genre :Drame
Tout public
Avec : Lillian Gish, Lars Hanson, Montagu Love, Dorothy Cumming, Edward Earle, William Orlamond, Laon Ramon


Note d’intention de Carlos Grätzer

« Gilles Deleuze fait de ce film le prototype du film d’action se refusant à y voir un film naturaliste car, dit-il, le monde originaire - le vent qui ne cesse de souffler sur la plaine - est actualisé dans un espace déterminé : la plaine américaine. L’histoire selon Deleuze : Une jeune fille venue du sud arrive dans ce pays, dont elle n’a pas l’habitude, et se trouve prise dans une série de duels, duel physique avec le milieu, duel psychologique avec la famille hostile qui la reçoit, duel sentimental avec le rude cow-boy qui en est amoureux, duel corps à corps avec le marchand de bestiaux qui veut la violer. Ayant tué le marchand, elle cherche désespérément à l’ensevelir dans le sable, mais le vent, chaque fois découvre le cadavre. C’est le moment où le milieu lui lance le défi le plus fort, et où elle atteint au fond du duel. Commence alors la réconciliation.
Dans ce récit entre mélodrame et western fantastique, le vent devient un allié qui permet à la jeune femme de devenir sûre d’elle et de faire front.

À l’apogée du muet où la maîtrise du récit cinématographique est totale : variété des cadrages, surimpressions, caméra subjective, accélération du rythme, tout y est. Les plans larges isolent les personnages dans un environnement hostile, les plans rapprochés voient les vêtements virevolter frénétiquement, sans cesse la lutte est présente. Pour moi il n’y avait pas de doute, en regardant le film, des idées fortes sonores et musicales me sont apparues. De même, les plans d’un cheval blanc qui rue avec la tempête, ou se mêlant au visage épouvanté de la jeune fille, Lilian Gish, sont empreints d’une poésie et d’un onirisme qui répondent parfaitement à la légende indienne expliquant les tornades par un cheval fantôme qui vit dans les nuages. »

À propos du film

Un film, quasi western, mais privé des morceaux de bravoure, tourné en plein désert avec un vent à décorner les boeufs, qui souffle en permanence de la poussière… Le film, en 75 minutes, nous détaille la transformation d’une femme déçue, une Bovary sudiste (Elle vient de Virginie !) qui doit affronter la crudité du monde, symbolisée par la tourmente incessante d’un vent et de tempêtes de sable, et s’éveiller aux sens, à son corps défendant d’ailleurs. Letty Mason arrive au Texas pour vivre chez son cousin, persuadée qu’elle va trouver un endroit plaisant à vivre, mais se retrouve chez des paysans qui vivent dans des cabanes délabrées, en plein désert, en plein vent... La femme de son cousin ne voit pas arriver une rivale potentielle avec la plus grande bienveillance. Au bout de quelques jours, Letty se voit contrainte de choisir un mari pour quitter les lieux. Trois choix possibles : Wirt Roddy, un séduisant voyageur de commerce, Lige Hightower et Sourdough, deux cow-boys amis de la famille...
On est loin des bluettes Griffithiennes... Le forte de Sjöström, l’utilisation des éléments du décor et des éléments tout courts, dans le but d’exprimer les passions humaines, trouve un écho formidable dans une Lillian Gish restée juvénile. De même qu’il sait mettre en valeur n’importe quelle partie du corps pour lui faire exprimer des émotions, Sjöström a de toute façon un grand sens du détail. Quoi qu’il en soit, The wind est un admirable chef d’oeuvre, un film dont le visionnage s’impose...

Crédit photographique ©Turner Entertainment Co. An Aol Time Warner Co



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