Vibrations

L’ensemble Sillages propose un véritable voyage cosmique à travers l’audacieuse Mikrophonie I, œuvre du visionnaire Karlheinz Stockhausen, ouvrant en 1964 des champs multiples à la création contemporaine.

Dans cette pièce, six musiciens explorent la surface d’un tam-tam avec des objets insolites, récoltent les sons avec des microphones, les transforment avec des filtres et potentiomètres. En jouant avec les hauteurs, les timbres et les intensités, ils façonnent l’entité spatiale du son.
A propos de Mikrophonie I, Karlheinz Stockhausen raconte "Quelques années auparavant, j’avais acheté pour la composition MOMENTE un grand tam-tam, et j’avais placé l’instrument dans le jardin. Je commençais alors à expérimenter en mettant le tam-tam en vibration à l’aide des accessoires les plus divers, ramassés un peu partout dans la maison : objets en verre, carton, métal, bois, caoutchouc, matière synthétique. En même temps, je branchais un microphone (fortement directionnel) – tenu à la main – à un filtre électrique que je raccordais à un régulateur de volume sonore (potentiomètre) dont la sortie était branchée sur haut-parleurs. Mon collaborateur Jaap Spek, qui se trouvait à l’intérieur de la maison, variait en improvisant le réglage du filtre et du potentiomètre. Le résultat était enregistré sur bande magnétique. L’enregistrement de cette première expérience de microphonie représente pour moi une découverte de la plus haute importance. Nous ne nous étions nullement concertés ; j’utilisais comme bon me semblait quelques-uns des accessoires préparés, et j’explorais la surface du tam-tam avec le microphone, tout comme le ferait un médecin auscultant un corps avec son stéthoscope ; de son côté, Spek réagissait spontanément à ce qu’il entendait comme produit de notre activité commune.
C’est à la suite de cette expérience que j’ai écrit Mikrophonie I. Deux exécutants mettent en vibration le tam-tam avec les matériaux les plus divers, deux autres exécutants balayent le tam-tam avec des microphones ; une notation adéquate leur prescrit la distance entre le microphone et le tam-tam (ce qui influence l’intensité et le timbre), l’éloignement relatif du microphone du point d’impact (ce qui détermine la hauteur du son, le timbre et surtout la présence du son dans l’espace : entre très éloigné, réverbéré, en écho, et très près, sec) et le rythme des mouvements de microphone. Enfin, deux exécutants actionnent encore chacun un filtre électrique et deux potentiomètres, ils façonnent ainsi à leur tour le timbre et les hauteurs de son (par le réglage du filtre), les intensités et la présence spatiale du son (par le réglage combiné du filtre et des potentiomètres) et le rythme des structures (par le réglage rythmé des deux appareils, tel qu’il est prescrit). Ainsi sont reliés entre eux trois processus de structuration sonore interdépendants, réagissant les uns aux autres, et pourtant autonomes, qui ont été composés comme étant synchrones ou rythmiquement indépendants, allant de l’homophonie à une polyphonie à 6 voix."

Interprètes :
Hélène Colombotti, Maxime Echardour, percussions // Ève Payeur, Vincent Leterme, microphones // Jean-François Charles, Stéphane Sordet, filtres et potentiomètres

Extrait - Mikrophonie 1, Karlheinz Stockhausen from Ensemble Sillages on Vimeo.



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